SAISON 2022 DE FORMULE E: un avant-goût du Bulletin GP

La nouvelle saison du Championnat du monde de Formule E débute cette fin de semaine, en Arabie Saoudite! Pour cette occasion, Le Bulletin GP vous offre un avant-goût de cette campagne électrique.

La fin d’une génération

Crédit photo: Formule E/LAT Images

Si 2022 marque le début d’une nouvelle ère en Formule 1, ce sera l’inverse pour la Formule E. En effet, la saison 8 est la dernière de la 2e génération du châssis de FE, conçu par Spark. La SRT 05E, présente depuis la saison 5 (2018-19), cèdera sa place à la Gen3, en 2022-23.

La Gen3 possèdera plus de puissance que le modèle actuel (300 kW en course vs 250 pour la Gen2) et la batterie, façonnée par Williams Advanced Engineering, devrait être en mesure d’avoir des chargements rapides, allant jusqu’à 800 kW. Avec l’introduction de recharge de batterie, on assistera au retour des arrêts aux puits, absents depuis l’arrivée de la Gen2.

L’arrivée de la Gen3 marquera aussi celle de Maserati. La marque italienne reviendra dans un championnat international depuis qu’elle mit sa MC12 au Championnat du monde de GT de la FIA, au début des années 2000. Ce sera aussi la première apparition de la marque en monoplace à roues découvertes depuis qu’elle avait joint les rangs de la F1, entre 1954 et 1960. Juan Manuel Fangio remporta deux Championnats des pilotes (1954 et 1957) avec la compagnie italienne et c’est dans la 250F privée que Maria Teresa de Filippis devint la première femme à participer à un Grand Prix de Formule 1 (Monaco 1958).

Ce sera aussi la dernière saison de Michelin comme fournisseur de pneus, car Hankook a obtenu le mandat de fournir les gommes aux écuries participantes, l’an prochain.

Finalement, à ma grande déception, la belle Mini Electric a été remplacée par une Porsche Taycan, en tant que Voiture de sécurité officielle de la série.

Enfin un nouveau système de qualifications!

Stoffel Vandoorne (Mercedes) avec le trophée Julius Baer, remis au détenteur de la pole position

Quel enfer l’ancien système de qualification fut!

Anciennement, il y eut quatre groupes de six pilotes, séparés selon le classement du championnat. Les moins nantis, en matière de points, pouvaient avoir un avantage, avec l’évolution de la condition de la piste. En 2022, on assistera à un nouveau système!

Dès cette fin de semaine, on verra des qualifications à ronde éliminatoire.

La première phase constitue en deux groupes de onze pilotes (groupes décidés selon l’ordre du championnat, avec un clan aux positions paire et impaire). Cette phase durera 12 minutes. Les quatre meilleurs temps de chaque groupe passeront à la prochaine phase, consistant à une ronde éliminatoire. Les pilotes auront droit à 220 kW de puissance.

Comme dans les séries éliminatoires dans d’autres sports, le meilleur affronte le pire des qualifiés sur un tour lancé. Les quarts de finales, la demi-finale et la grande finale verront les pilotes utiliser 250 kW de puissance pour battre leur adversaire en piste. Le polesitter aura droit à trois points supplémentaires au championnat.

Les forces en présence

Mercedes-EQ Formula E Team

Crédit photo: Formule E/LAT Images

PILOTES: Nyck De Vries (Pays-Bas) et Stoffel Vandoorne (Belgique)

CLASSEMENT EN 2021: 1er

Tout comme leurs collègues en Formule 1, Mercedes s’est emparée du championnat des constructeurs, la saison dernière. En plus, Nyck De Vries est devenu le premier champion du monde de l’histoire de la Formule E.

La tâche s’annonce compliquée pour De Vries et pour Mercedes, car ils devront défendre leurs titres respectifs dans un championnat très relevé. En plus, les deux auront toujours les services de Stoffel Vandoorne, qui s’est montré assez solide depuis son arrivée dans la série 100% électrique.

Mercedes-EQ veut en profiter pour une dernière fois, car la marque allemande quittera la Formule E à la fin de cette campagne.

Jaguar Racing

Crédit photo: Formule E/LAT Images

PILOTES: Sam Bird (Grande-Bretagne) et Mitch Evans (Nouvelle-Zélande)

CLASSEMENT EN 2021: 2e

2021 fut la meilleure saison de Jaguar, depuis leur entrée dans ce championnat. L’acquisition de Sam Bird, en provenance de Virgin Racing, fut excellente et Mitch Evans a prouvé qu’il est un pilote redoutable et très constant. D’ailleurs, les deux pilotes faisaient partie de cette chaude lutte au titre en 2021.

À l’instar de Mercedes, l’équipe britannique n’a pas changé son personnel principal et veut bâtir sur leur récente saison, tout en étant beaucoup plus constant. Surveillons surtout Bird, qui a remporté au moins une course à chaque année participée, depuis les débuts de la Formule E.

DS Techeetah

Crédit photo: Formule E / Sam Bloxham / LAT Images

PILOTES: Antonio Felix Da Costa (Portugal) et Jean-Éric Vergne (France)

CLASSEMENT EN 2021: 3e

Avec Antonio Felix Da Costa et Jean-Éric Vergne dans leurs rangs, DS Techeetah compte trois Championnats des pilotes et deux des constructeurs.

Certes, Techeetah a terminé troisième, avec deux victoires au compteur (Vergne à Rome I et Da Costa dans le dernier tour à Monaco), mais l’écurie chinoise a souvent été aux avant-plans en 2021. Pour entamer cette nouvelle campagne, l’équipe a procédé à une restructuration dans l’organisation.

Mark Preston, qui était le directeur de l’écurie depuis l’entrée de Techeetah/Amlin Aguri, en 2014-15, est devenu le PDG. Le Français Thomas Chevaucher, aussi directeur de la performance chez DS, prendra la relève de Preston comme directeur d’écurie.

Envision Racing

Crédit photo: Formule E/LAT Images

PILOTES: Robin Frijns (Pays-Bas) et Nick Cassidy (Nouvelle-Zélande)

CLASSEMENT EN 2021: 5e

Troquant le mauve pour du vert et bleu et voyant l’association avec Virgin terminée, Envision Racing n’a pas changé son duo de pilotes, en Robin Frijns et Nick Cassidy.

Frijns n’a pas gagné de ePrix en 2021, mais il s’est retrouvé à deux reprises sur le podium (Diryah II et Monaco), en plus de s’offrir en spectacle avec quelques beaux dépassements et un style défensif robuste. Aussi impliqué dans cette course au titre, le Néerlandais entend faire beaucoup mieux, afin d’être un candidat potentiel pour détrôner De Vries. N’oublions pas qu’il a remporté les 24 Heures du Mans et le championnat du monde d’endurance (WEC) en LMP2, l’an passé!

Quant à Cassidy, il a appris bien des leçons, au cours de son année recrue. Le Néo-Zélandais a aussi obtenu deux podiums et de gros points, mais manquait de régularité. Avec le départ d’Audi de la Formule E, Envision Racing détient l’unité de moteur électrique du constructeur allemand, qui fut assez efficace en 2021.

Avalanche Andretti Formula E Team

Crédit photo: Formule E/LAT Images

PILOTES: Jake Dennis (Grande-Bretagne) et Oliver Askew (États-Unis)

CLASSEMENT EN 2021: 5e

Même si BMW a quitté la Formule E à la fin de l’année 2021, Andretti Autosport continue de placer ses pions dans ce championnat 100% électrique. L’écurie américaine s’est associée à Avalanche, une compagnie de cryptomonnaie, en tant que commanditaire principal (ce qui explique le passage du bleu au rouge).

À son année recrue en FE, Jake Dennis a surpris l’entièreté de l’univers de la course automobile. Le Britannique fut un candidat très sérieux au titre, mais un abandon dans la dernière course de 2021, à Berlin, ruina ses chances. Néanmoins, Dennis a pu finir troisième au championnat, inscrivant trois victoires et battant Maximilian Günther, pilote assez régulier.

Si Dennis continuait sur sa belle forme et qu’Oliver Askew, nouvelle embauche de l’écurie, offrait d’excellentes performances dès le début, Andretti pourrait causer une belle surprise en 2022.

Venturi Racing

Crédit photo: Formule E/LAT Images

PILOTES: Lucas Di Grassi (Brésil) et Edoardo Mortara (Suisse)

CLASSEMENT EN 2021: 7e

Après sept ans passées avec Audi (et le retrait de la compétition de l’écurie allemande), Lucas Di Grassi s’est joint à Venturi. Le champion de la saison 3 (2016-17) aura Edorado Mortara comme coéquipier.

Mortara a été exceptionnel en 2021, terminant vice-champion de la saison (en dépit d’un abandon à la dernière course à Berlin). Le Suisse pourra se dire qu’il a, à ses côtés, M. Formule E pour s’améliorer et, possiblement, devenir champion.

Tout comme DS Techeetah, Venturi a procédé à un remaniement organisationnel. Susie Wolff est devenue PDG de l’équipe, alors que Jérôme D’Ambrosio la remplacera en tant que directeur d’écurie.

Porsche

Crédit photo: Formule E/LAT Images

PILOTES: André Lotterer (Allemagne) et Pascal Wehrlein (Allemagne)

CLASSEMENT EN 2021: 8e

En 2022, Porsche devra faire bien mieux que de terminer huitième au classement des constructeurs. D’un côté, André Lotterer a été impliqué dans quelques incidents en piste. En plus, ses résultats n’ont pas vraiment été impressionnants. Heureusement, son fait d’armes en 2021 fut une deuxième place dans la deuxième course à Valence.

D’un autre côté, Pascal Wehrlein s’est très souvent retrouvé en milieu de peloton. Il devait gagner le ePrix de Puebla I, mais Lotterer et lui furent disqualifiés pour une infraction au règlement technique.

Mahindra Racing

PILOTES: Alexander Sims (Grande-Bretagne) et Oliver Rowland (Grande-Bretagne)

CLASSEMENT EN 2021: 9e

Mahindra s’est souvent présentée comme équipe sous-estimée et ce fut le cas, lors de la saison 7. Alexander Sims, malgré une 19e place au classement des pilotes, a pu obtenir un podium (2e à Rome II) et Alex Lynn a pu savourer une victoire à la maison, à Londres II.

Pour la saison 8, Mahindra comptera sur les services d’Oliver Rowland, anciennement chez Nissan e.Dams. Cependant, ce n’est pas une première apparition pour Rowland avec l’écurie indienne. En 2015, le Britannique avait remplacé Nick Heidfeld (blessé à un poignet) pour le ePrix de Punta del Este.

Le très énergétique directeur d’écurie, Dilbagh Gill, a entièrement confiance en son nouveau duo de pilote, alors je m’attends à voire Sims et Rowland se battre pour plus qu’une victoire, cette année.

Nissan e.Dams

Crédit photo: Formule E/LAT Images

PILOTES: Sébastien Buemi (Suisse) et Maximilian Günther (Allemagne)

CLASSEMENT EN 2021: 1oe

2021 fut une saison à oublier pour Nissan e.Dams.

Ayant obtenu un seul podium dans cette saison (3e à Puebla II), le constructeur japonais, toujours assisté par DAMS, comptera sur les services de Maximilian Günther, qui était chez BMW-Andretti lors des deux dernières saisons. L’Allemand avait remporté la course 1 à New York, l’an passé. En plus, il sait se montrer très rapide.

Nissan e.Dams est aussi contente d’avoir gardé Sébastien Buemi dans leurs rangs. Le Suisse, champion de la saison 2 (2015-16), veut effacer 2021, alors qu’il n’a enregistré qu’une cinquième place à Rome I comme meilleur résultat. Le pilote expérimenté saura certainement se ressaisir.

Dragon/Penske Autosport

Crédit photo: Formule E/LAT Images

PILOTES: Sergio Sette Camara (Brésil) et Antonio Giovinazzi (Italie)

CLASSEMENT EN 2021: 11e

On a vu des signes d’amélioration pour Dragon/Penske en 2021. Pourtant, cette équipe avait terminé deuxième au championnat des constructeurs, lors de la saison 2. Néanmoins, l’écurie américaine, dirigée par Jay Penske (le fils de Roger), comptera sur deux excellents pilotes, cette année.

Premièrement, Sergio Sette Camara a montré des éclats de génie (surtout en qualifications), mais fut laissé tombé par les performances de sa voiture. Lors du ePrix de Diriyah II, le Brésilien termina quatrième. Ensuite, ce furent des courses majoritairement terminées hors des points.

Deuxièmement, Dragon/Penske est fière d’avoir recruté Antonio Giovinazzi, en provenance d’Alfa Romeo en Formule 1. On espère que le Jésus de la course automobile s’amusera dans la série 100% électrique.

NIO 333 Racing

Crédit photo: Formule E/LAT Images

PILOTES: Oliver Turvey (Grande-Bretagne) et Dan Ticktum (Grande-Bretagne)

CLASSEMENT EN 2021: 12e

NIO a très peu impressionné en 2021, inscrivant seulement 19 points. Oliver Turvey a enregistré le meilleur résultat de l’écurie chinoise, avec une sixième place à Diriyah II. Turvey est un ancien pilote de réserve et d’essais chez McLaren et un des six pilotes à particper aux huit saisons de Formule E.

Pendant la saison morte, NIO a effectué des changements organisationnels. Tout d’abord, elle a embauché Alex Hui comme directeur d’écurie, Russell O’Hagan comme le supérieur à Hui et Gary Reynders comme mécanicien en chef. Finalement, l’équipe établie à Silverstone a signé Dan Ticktum comme coéquipier de Turvey pour la saison 8.

Des recrues électrisantes

Cette saison, la Formule E accueillera trois recrues, au sein de son championnat du monde. Les voici:

  • ANTONIO GIOVINAZZI (Italie, Dragon/Penske Autosport): Le pilote italien quitte la Formule 1 pour se retrouver en FE. Si 2022 sera sa première saison dans ce championnat, Giovinazzi est un peu familier avec une monoplace électrique. En effet, l’homme de 28 ans avait roulé dans une Virgin en 2018, dans le cadre des tests pour jeunes pilotes (dans une Gen1).

 

  • OLIVER ASKEW (États-Unis/Andretti): Askew, tout comme Giovinazzi, est un habitué des circuits urbains de l’intensité des courses. L’Américain de 25 ans est le champion de la série Indy Lights de 2019 et a roulé en IndyCar, avec Arrow McLaren SP, en 2020. Il aura la chance de comparer la qualité des pistes urbaines de la FE et celles d’IndyCar, au moins! Le Florida Man (dans le bon sens du terme) retrouve donc Andretti Autosport, écurie dans laquelle il avait remporté le championnat Indy Lights (antichambre de l’IndyCar).

 

  • DAN TICKTUM (Grande-Bretagne/NIO 333 Racing): En 2022, la Formule E comptera trois pilotes qui ont remporté le Grand Prix de Macao à deux reprises: Antonio Felix Da Costa, Edoardo Mortara et Dan Ticktum. Ce dernier remplacera Tom Blomqvist chez NIO, cette année. Le jeune Britannique est aussi un multiple vainqueur en Formule 2. Personnage controversé sur la piste et à l’extérieur, Ticktum pourrait être un nom qu’on entendra souvent, quand il sera question de luttes en piste.

La Formule E de retour au Canada!

Vancouver (Photo: Lee Robinson sur Unsplash)

Cette année, on a un calendrier de 16 courses, dont six programmes doubles (Diriyah, Rome, Berlin, New York, Londres et Séoul). De plus, le ePrix de Monaco, normalement organisé aux deux ans, revient à l’horaire pour une deuxième année consécutive.

Dans le calendrier original, Cape Town vit sa place être retirée et remplacée par Jakarta pour des raisons encore inconnues. Il y aura quand même trois nouvelles épreuves: Jakarta (Indonésie), Séoul (Corée du Sud)… et Vancouver!

En effet, la Formule E fera son retour en sol canadien, cinq ans après le ePrix de Montréal. La course aura lieu dans le quartier de False Creek, où se situe le BC Place (et le Rogers Arena). C’est aussi dans ce quartier que le Molson Indy de Vancouver (IndyCar) eut lieu, entre 1990 et 2004. L’épreuve vancouvéroise va clore le tout premier Canadian E-Fest, un festival de musique et arts (avec du eSports).

C’est comme si Osheaga et le Grand Prix du Canada se tenaient pendant la même fin de semaine.

Évidemment, le calendrier peut changer, en cas de problèmes logistiques liés à cette pandémie de coronavirus.

 

Format d’une fin de semaine de Formule E

Pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec la Formule E, voici le déroulement d’une fin de semaine de course… ou devrais-je dire durant la journée.

En effet, les essais libres, les qualifications et la course ont lieu le même jour. Il y a deux séances d’essais de 30 minutes chaque. Pour la saison 2022, le format des qualifications a changé (voir en début de texte).

Une fois la grille de départ formée, la course se déroule en 45 minutes plus un tour final. Pendant l’épreuve, les participants doivent utiliser le Mode Attaque, un système introduit à la saison 5 pour donner un surplus de puissance pendant quelques minutes. La zone d’activation est localisée à un endroit déterminé par les commissaires de piste. Les pilotes sont obligés d’y passer deux fois, avant la fin de la course.

Un autre moyen d’obtenir un surplus de puissance: le #FanBoost. Il s’agit d’un vote populaire qui permet au pilote de recevoir 25 kW supplémentaires, pendant l’épreuve. Les votes débutent la semaine du e-Prix et se terminent au départ de la course. Vous pouvez voter pour votre pilote préféré sur le site officiel de la Formule E ou bien sur les réseaux sociaux, en utilisant le mot-clic #FanBoost et le nom du pilote.

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