Mois de l’histoire des Noirs: Willy T. Ribbs

Février marque le Mois de l’histoire des Noirs. Pour l’occasion, Le Bulletin GP rend hommage aux pilotes qui ont mis leur empreinte dans l’univers de la course automobile. Aujourd’hui: Willy T. Ribbs.

Les années junior

Né le 3 janvier 1955 en Californie, Willy T. Ribbs se passionna pour le sport automobile dès son adolescence. Cependant, c’est à l’âge de 21 ans qu’il intégra une école de course. En plus, son père fut un pilote amateur, tout en étant voisin et un ami du double champion d’IndyCar/USAC, Joe Leonard.

Willy partit en Angleterre pour s’essayer en Formule Ford, malgré son manque d’expérience en compétition. Cela n’empêcha pas Ribbs de terminer troisième, lors de sa première course compétitive, et de devenir champion de la Dunlop/Autosport Star of Tomorrow FF1600 en 1977, remportant six épreuves sur onze.

De retour en Californie, Ribbs reçut un appel du Charlotte Motor Speedway, afin de participer au World 600 de 1978. Malheureusement, sa demande fut rejetée pour son manque d’expérience en NASCAR Cup Series (lire « en stock car »), mais aussi pour une arrestation pour vitesse excessive sur la route. Il fut remplacé par un certain Dale Earnhardt.

Dans les grandes ligues

Au début des années 80, Ribbs fit un passage en Formule Atlantique, récoltant un pole au Grand Prix de Long Beach en 1982. En 83, il se joignit à la série Trans-Am (Grand Tourisme), avec Budweiser comme commanditaire. Ribbs remporta cinq des douze épreuves de cette saison, en plus de terminer vice-champion (148 points).

1984: Ribbs poursuivit son succès dans la série, gagnant quatre courses et en finissant troisième du championnat.

En 1985, le pilote tenta de se qualifier pour les 500 Miles d’Indianapolis. Malheureusement, avec ses 172 mph dans le test des recrues, il ne put participer à la suite du programme du Indy 500. Il essayait de devenir le premier pilote noir à se qualifier pour cette course légendaire.

L’année suivante, l’écurie de F1 Brabham offrit à Ribbs une journée d’essais, au circuit d’Estoril (Portugal). À ce moment-là, il devint le premier pilote de race noire à conduire une Formule 1. 21 ans plus tard, Lewis Hamilton fut le premier Noir à participer au Championnat du monde de F1. Cela n’a pas mené à un poste de titulaire, mais Ribbs ne chôma pas. Il participa à quelques courses en NASCAR,  dont son meilleur résultat fut une 22e place à North Wilkesboro.

Willy T. Ribbs au volant d’une Brabham, en 1986, à Estoril (Porutgal)

En 1987, Willy T. fit le saut au championnat IMSA GT, pilotant dans une Toyota Celica menée par Dan Gurney. Il remporta quatre courses dans la catégorie GTO.

Après ses succès dans les GT, Ribbs tenta sa chance en CART (IndyCar) en 1990. Avec Raynor Motorsports (et du financement de Bill Cosby), celui qu’on surnomme « Uppity » prit part à huit courses et obtint une dixième place à Vancouver comme meilleur résultat. Malheureusement, cette course fut aussi marquée par la mort d’un commissaire de piste, happé par la voiture de Ribbs.

Après avoir raté sa chance au Indy 500, Ribbs parvint à se qualifier pour le classique, devenant le premier pilote de race noire à se retrouver sur la grille de départ des 500 Miles d’Indianapolis. Il termina 32e, après s’être classé 29e aux qualifications.

Après cinq saisons en CART (meilleur résultat entre 1990 et 1994: 6e au Grand Prix de Denver), Ribbs s’essaya en Indy Racing League (IRL, qui s’est séparée avec la CART dans les années 90). Il participa au Vegas.com 500 en 1999, disputé au Las Vegas Motor Speedway. Au tour 4, il eut un accident et dût abandonner.

2000: Ribbs retourna en Trans-Am Series, terminant sur le podium à deux reprises (2e à Long Beach et 3e à Detroit) en 12 courses. En 2001, il fit le saut en NASCAR Craftsman Truck Series, avec Bobby Hamilton Racing, à temps plein. Son meilleur résultat de la saison: 13e au Jelly Belly 200, tenu à Pike’s Peak.

La retraite (?) de Ribbs

À la fin de l’an 2001, Willy T. Ribbs annonça sa retraite de la course automobile. Il se concentra sur son autre passe-temps: le tir sur pigeon d’argile. D’ailleurs, son fils, Theodore, est devenu un tireur professionnel.

Cependant, tel Michael Schumacher l’avait fait en 2010, Willy T. sortit de sa retraite pour retourner en compétition. En 2011, il fonda sa propre équipe et roula en Indy Lights, dans le cadre du Grand Prix de Baltimore. Il termina treizième. Cette course dans le Maryland comptait des futures vedettes comme Josef Newgarden, Conor Daly et Mikaël Grenier.

En 2021, Ribbs se joignit au Superstar Racing Experience, un championnat de stock cars regroupant d’anciennes gloires de la course automobile (et surtout Helio Castroneves). Il termina 10e au classement des pilotes, avec 67 points.

Si jamais vous voulez connaître le personnage qu’est Willy T. Ribbs, le documentaire Uppity (son surnom) est disponible sur Netflix. De plus, Tom Clarkson s’était entretenu avec lui, dans le podcast F1 Beyond The Grid, afin de revenir sur son test avec Brabham et bien d’autres choses.

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