La plus belle course au titre que j’ai vue de toute ma vie

Au-delà des tensions en piste et en coulisses, le duel entre Max Verstappen et Lewis Hamilton pour le titre est très excitant. Pour Abdou Sall, il s’agit de la plus belle course au titre depuis qu’il regarde la Formule 1.

Ce que nous regardons, depuis le Grand Prix de Bahreïn 2021, ce sont deux pilotes qui n’ont rien lâché jusqu’au moment où vous lisez cette chronique.

Dans le coin gauche, on a Lewis Hamilton, 36 ans, septuple champion du monde et champion en titre. Il pourrait devenir le pilote le plus titré dans l’histoire de la F1.

Dans le coin droit, on a Max Verstappen, 24 ans, plus jeune vainqueur de l’histoire du sport (Espagne 2016) et, si tout devait tourner en sa faveur, pourrait devenir le quatrième plus jeune champion du monde.

Dixit le légendaire Michael Buffer: LET’S GET READY TO RUMBLEEEEEE…!


Je n’exagère pas, quand j’écris que Hamilton vs Verstappen, c’est la plus belle course au titre, depuis que je regarde la Formule 1. Plusieurs d’entre vous me diront qu’il y a eu James Hunt vs Niki Lauda ou bien Ayrton Senna contre Alain Prost, mais je suis trois jours plus jeune que Kevin Magnussen. Je n’ai jamais vu ces rivalités de mon vivant.

Depuis 1996, j’ai assisté aux fois où Michael Schumacher s’est frotté à Jacques Villeneuve, Mika Häkkïnen et Fernando Alonso, j’ai vu Alonso vs Vettel en 2012, le titre 2008 se décider entre Hamilton et Felipe Massa au Brésil et la bagarre fratricide entre Hamilton et Nico Rosberg.

Je n’ai pas inclus Hamilton contre Vettel en 2017 et 2018, car Vettel a fait ce qui est l’équivalent du slip de Steven Gerrard, en 2014 DEUX fois plutôt qu’une!

Cependant, celle qu’on assiste en 2021 est plus intense, à mes yeux. Alors qu’il reste trois courses au championnat actuel, le duel entre Lewis et Max se joue non seulement en piste, mais aussi en coulisses. Pour moi, ce qui m’importe, c’est la qualité des batailles en piste.

Le courage, la légende, HAM(ilton)

(Ne me poursuivez pas, Dodge, s’il vous plaît!)

La performance exceptionnelle de Lewis Hamilton, lors du Grand Prix de Sao Paulo, a prouvé pourquoi le Britannique est un des meilleurs pilotes de l’histoire de la Formule 1. Depuis le début de sa carrière, Hamilton a dû faire face à de nombreux défis. Il a été souvent capable de les surmonter. Si Kevin Harlan, descripteur des matchs de basketball et de la NFL, avait commenté la course à Interlagos, il aurait certainement sorti sa célèbre phrase « with no regard for human life« .

Que ce soit en ayant la meilleure voiture, un moteur neuf (comme celui au Brésil) ou en utilisant le DRS (comme les 19 autres pilotes), le septuple champion du monde a tout fait pour se mettre dans la meilleure position possible. Actuellement, il doit se battre contre les autres monoplaces qui ont, comme objectif, de garder le numéro 44 derrière le plus longtemps possible. Peu importe comment il s’y prend, Hamilton trouve le moyen de rebondir.

J’apprécie son rythme de course, sa constance et la confiance en soi qu’il engrange course après course, même avec 15 saisons d’expérience. Normalement, Hamilton commet très peu d’erreurs, mais cette année, il en a fait quelques-unes qui auraient pu être couteuses. Par exemple, à Imola, il sortit de piste et se retrouva dans le bac à gravier. Heureusement pour lui, un drapeau rouge lui a permis de revenir dans la course et finir deuxième.

Il y a eu aussi ce fameux accrochage à Silverstone. Il fut pénalisé de dix secondes, mais surmonta la sanction pour gagner le Grand Prix de Grande-Bretagne. Une erreur stratégique en Hongrie (ne pas passer aux puits pour changer ses pneus) s’est transformée en deuxième position. Et que dire de Bakou, où il est passé tout droit, alors que 18 points, voire 25, étaient disponibles. Bref, ces erreurs (rares de la part d’Hamilton), bien qu’il se soit repris, ne ralentissent pas le Britannique. C’est l’expérience qui parle.

Certes, Lewis Hamilton détient la meilleure voiture et possède d’excellents ingénieurs chez Mercedes (et durant son temps chez McLaren). Cependant, il faut savoir travailler en symbiose avec eux. Toutes les grandes équipes sportives ont fait et font preuve de leadership (sauf les Blackhawks de l’édition 2009-10). Pour se surpasser et pousser à être meilleur, il faut un leader. C’est ce qui arrive chez Mercedes, depuis des années, mais aussi chez les écuries dominantes comme McLaren de la fin des années 80, Ferrari à l’époque de Michael Schumacher ou bien même Red Bull, quand Sebastian Vettel a remporté ses quatre titres entre 2010 et 2013.

Max Verstappen l’intrépide

C’est le titre d’une de mes chroniques rédigées en 2018 (qui n’était «clairement» pas écrit pendant que je remémorais l’intro de l’émission Les Intrépides).

J’avais écrit ce texte une semaine après le Grand Prix de Chine 2018, course marquée par une collision du Néerlandais avec Sebastian Vettel, dont il était tenu responsable. J’adore Verstappen, car  il caractérise la fougue que l’on retrouve chez les jeunes pilotes, de nos jours.

Au cours de sa jeune carrière en F1, Max nous a offert des performances exceptionnelles comme sa remontée incroyable au Grand Prix de Singapour 2015, après avoir calé au départ, sa poussée vers la victoire en Autriche, en 2019, et, surtout, sa conduite sous la pluie au Brésil en 2016.

Inversement, il y a des moments difficiles qui sont rattachés à sa carrière: l’accident à Monaco en 2015 et quelques accrochages en 2018 (dont celui avec Vettel, en Chine).

Par contre, je trouve que, après s’être retrouvé dans les rails des rues de Monte-Carlo en 2018, j’ai remarqué un Verstappen beaucoup plus constant et moins brouillon. Il enchaînait les podiums et, depuis Monaco 2018, compte dix abandons, dont huit ne lui sont pas imputés (abandons mécaniques ou victime d’accrochages).

C’est juste cette constance qui lui permet de nous offrir des épreuves où il est intouchable. Sans nécessairement changer son style de pilotage, Verstappen a prouvé qu’il pouvait être dominant. Prenez, par exemple, le programme double en Autriche et les Grands Prix de Monaco et de Mexico City cette année. Personne n’a été en mesure de s’approcher de lui et ce furent des victoires très importantes dans la course au titre.

Max Verstappen est un talent générationnel et nous sommes extrêmement chanceux de le voir piloter comme ça.

Je reprends mon avant-dernier paragraphe de ma chronique de 2018: «(…) ne jugeons pas trop longtemps Max Verstappen. En général, il amène beaucoup de fraîcheur au sport, même s’il peut être (à l’occasion) aussi brouillon que mes dissertations au cégep/collège. Après tout, un mauvais début de saison, ça arrive à tout le monde, non?»

J’avais raison de lui laisser du temps, avant de le juger, car (enfin) c’est la première fois qu’il goûte à une lutte pour le Championnat du monde. Et pas contre n’importe qui, en plus!


Peu importe le champion, lorsque le drapeau à damier sera agité le 12 décembre prochain, je serai éternellement reconnaissant envers Lewis Hamilton et Max Verstappen de nous avoir offert un duel mémorable. L’expérience contre la jeunesse. Un clash de génération!

Personnellement, la toxicité des fans du 44 et du 33 sur les réseaux sociaux et les chamailleries de cour d’école entre Christian Horner et Toto Wolff ternissent cette excellente bataille. Bien que je puisse comprendre que chacun désire défendre leur camp, il faut savoir apprécier ce que nous avons.

De mon côté, je suis heureux de voir deux des meilleurs pilotes de Formule 1 se donner à fond. Honnêtement, j’aimais bien Hamilton contre Rosberg, mais c’était un duel fratricide énorme, entre deux anciens meilleurs amis. En 2021, il y a un respect mutuel entre Hamilton et Verstappen et on espère que ce sera encore le cas pour les prochaines années.

Je serai content de voir Hamilton devenir le pilote le plus titré de l’histoire de la Formule 1, autant je le serai pour Verstappen, qui aura prouvé à tout le monde qu’il a l’étoffe d’un champion. Dans toutes les situations, 2021 sera une année historique pour ce sport qu’on adore tant.

Savourez les dernières courses de cette magnifique année 2021!

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