Max Verstappen l’intrépide

Il est rapide, il est fougueux, mais il est parfois brouillon. Max Verstappen est un pilote exceptionnel à regarder, depuis 2015. Cependant, il reçoit un tas de critiques négatives (avec raison) après trois courses en 2018. Lors de ces trois épreuves, Verstappen a commis des fautes dans chacune d’elles. La dernière, un accrochage avec Sebastian Vettel en Chine, est la goutte qui fait déborder le vase. Désormais, il détient le triste sobriquet de « Crashtappen ».

Mettons les défauts du Néerlandais de côté, pour le moment. En quatre saisons, il nous a offerts de magnifiques dépassements et un pilotage sans limite. Beaucoup de fans le comparent déjà à Gilles Villeneuve, justement parce qu’il ne laisse jamais tomber. Dans un sport où le spectacle semble s’amenuiser depuis quelques temps (enfin, c’est ce qui se dit), avoir un pilote intrépide qui accourt car il est toujours présent est un luxe. Max incarne clairement cet esprit.

Verstappen vs Ricciardo: acte I

Souvenez-vous de sa première saison, en 2015. Dès le deuxième Grand Prix, en Malaisie, le fils de Jos Verstappen a commencé à montrer ses dents en attaquant avec succès la Red Bull de Daniel Ricciardo et en terminant sixième, inscrivant ses premiers points en Formule 1. Il continuera de nous impressionner au cours de l’année, surtout avec sa remontée à Singapour. Dois-je mentionner sa bravoure au Grand Prix du Brésil très pluvieux, en 2016?

En le regardant, nous savions déjà que Max était une future vedette de la course automobile. Même après sa collision avec Romain Grosjean à Monaco, il était hors de question de tarir les éloges à son endroit.

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expérimenté, mais encore jeune

Oui, il compte déjà trois victoires et une soixantaine de courses disputées, mais Verstappen n’a que 20 ans. Il lui reste encore plus qu’une dizaine de saisons au volant d’une F1. Même si c’est déjà sa quatrième saison, il a encore des croûtes à manger. N’oubliez pas qu’il est arrivé dans la cour des grands à seulement 17 ans! Pourtant, beaucoup de gens pensent qu’il devrait se comporter comme un vrai vétéran. C’est vrai, mais ils oublient qu’on ne devient pas un pilote complet en l’espace de cinq années.

Smash: Sebastian Vettel lost control of his car ploughed into the back of Jenson Button
Belgique 2010: Sebastian Vettel (Red Bull) frappe Jenson Button (McLaren). C’est à ce moment qu’il reçoit le surnom de « Crash Kid ». (Crédit: EPA)

Après tout, on a aussi lynché publiquement un désormais quadruple champion du monde, il y a quelques années. En 2010, je me souviens avoir lu beaucoup de critiques sur Sebastian Vettel, après qu’il ait explosé le radiateur de Jenson Button, au Grand Prix de Belgique. Martin Whitmarsh, l’ancien directeur sportif de McLaren l’avait traité de « crash kid ». Ironiquement, c’est cette même année que Vettel est devenu champion pour la première fois. Et le plus jeune, à 23 ans et quelques mois! Aujourd’hui, il fait partie des livres d’histoire de la Formule Un.

il doit se ressaisir

C’est bien de le louanger pour son style, mais il ne faut pas oublier que ses erreurs lui ont coûté cher, surtout en 2018. Oublions son tête-à-queue en Australie et son accident lors des qualifications au Bahreïn. Ses accrochages avec Lewis Hamilton et Sebastian Vettel, dans les deux dernières manches, nous a montrés le Verstappen impatient qu’on voyait de temps en temps. Le problème du Hollandais est que, dès qu’il effectue un dépassement, il a tendance à être impétueux. Les freinages tardifs, comme ceux que Daniel Ricciardo aime faire, le sont beaucoup trop. J’oubliais: il est têtu, mais les pilotes de course le sont pas mal tous.

Ricciardo sait calculer ses mouvements à l’avance, alors que son coéquipier actuel le fait de façon réactive. Le Grand Prix de Chine aurait pu être un doublé pour Red Bull. À la place, ce fut une victoire pour Ricciardo et une cinquième place et une punition de dix secondes supplémentaires à Verstappen. En ce moment, notre Max préféré compte 18 points, soit 36 de moins que le meneur au championnat. La RB14 semble capable de titiller Ferrari et Mercedes, alors Christian Horner a besoin de son jeune prodige pour amener plus de succès à l’usine de Milton Keynes. Si la sensation de la deuxième moitié des années 2010 poursuit sa saison misérable, que se passera-t-il lorsqu’il sera pilote numéro 1 dès 2019? Il faut qu’il se redresse à Bakou et sans faute.

Malgré tout, ne jugeons pas trop longtemps Max Verstappen. En général, il amène beaucoup de fraîcheur au sport, même s’il peut être (à l’occasion) aussi brouillon que mes dissertations au cégep. Après tout, un mauvais début de saison, ça arrive à tout le monde, non?

Est-ce qu’on pourrait faire de même avec Verstappen, en lui laissant encore du temps pour devenir le vrai combattant qu’il est? Il le faut! Est-ce qu’il sera champion dans sa carrière? Sûrement. Deviendra-t-il le meilleur pilote de sa génération? La question ne se pose même pas, Abdou. Doit-il changer son style de pilotage? QUE NENNI, de grâce!

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