Avec l’arrivée de F1 TV, on est finalement au 21e siècle!

Au début du mois de mars, le groupe de propriétaires de la Formule 1, Liberty Media, a annoncé la sortie d’un service de streaming vidéo: F1 TV. Cela permettra aux amateurs de F1 de visionner les courses en direct, avec les caméras embarquées de tous les pilotes en piste. Grâce à ce système, j’ai envie de dire: bienvenue au 21e siècle!

comment fonctionne f1 tv?

Vous pourrez suivre vos pilotes préférés, avec les caméras embarquées.

Tout d’abord, les fans devront s’abonner à la plateforme PRO (environ 8 à 12$ US par mois). Ensuite, ils pourront y accéder uniquement sur leur ordinateur (pour le moment). Le service sera très personnalisable: choix de la langue (anglais, français, allemand et espagnol), diffusion intégrale de toutes les séances et des courses de soutien (F2, GP3 et Porsche Supercup), etc. En plus de cela, ils pourront accéder aux caméras embarquées des vingt pilotes, pendant toute la course. Vous pourrez donc suivre les faits et gestes de *insérer votre pilote préféré*!

Heureusement (ou malheureusement pour certains), F1 TV PRO sera disponible dans environ quarante pays. Cependant, le service minimum du formula1.com, F1 TV Access, restera accessible pour ceux qui ne pourront profiter du PRO. On retrouvera le live timing avec diffusion radio et, entre autres, les anciens Grands Prix depuis 1981 (OMG!). Le tout pour environ 4$ par mois!

Vous pouvez regarder le fonctionnement de la plateforme ci-dessous.

ENFIN, DU CONTENU DE QUALITÉ!

Avec cette plateforme OTT (« over-the-top »), les amateurs de Formule 1 auront l’embarras du choix. Ceux ayant le service PRO pourront suivre la course de manière plus étoffée. C’est terminé, les actions manquées par le directeur TV. J’imagine les Français, par exemple, suivre Pierre Gasly, d’Esteban Ocon et de Romain Grosjean avec les caméras embarquées et, à la télé, entendre Jacques Villeneuve être sévère (comme toujours). Ce serait génial et drôle, en même temps (dépendamment de votre allégeance).

F1 Digital+, l'ancêtre de F1 TV.
F1 Digital+, l’ancêtre de F1 TV.

Malgré que F1 TV soit révolutionnaire, ce n’est pas la première fois qu’un tel système existe dans ce sport. En 1996, Bernie Ecclestone lançait F1 Digital+ dans neuf pays européens, dont l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Espagne. Les gens payaient £12 (21,50$CAD) par course pour pratiquement le même service étant offert dès cette année. Le hic, c’est que ce ne fut pas assez populaire. Quelques 9000 téléspectateurs britanniques s’étaient abonnés au Bernie-Vision, en 2002, et 50% des habitués allemands ont laissé tomber. Il était uniquement disponible sur Internet, à l’époque de la connexion par ligne commutée (avec ce bon vieux son). Après six saisons, F1 Digital+ fut débranché, vu son manque de rentabilité.

En 2018, la Formule 1 ne pouvait pas continuer à offrir peu de contenu pour ses amateurs. Or, l’arrivée du streaming en direct s’ajoute à l’omniprésence de la série sur les médias sociaux. La Formula One Management (FOM) contient beaucoup d’archives, mais elles furent peu utilisées sous l’ère de Tonton Bernie. En ouvrant la caverne d’Ali Baba, Liberty Media permet à ses jeunes amateurs de découvrir les années 80, 90 et 2000 en un clic (et légalement).

Et les autres pays, alors?

La plateforme est excellente, mais F1 TV PRO n’est accessible que dans une quarantaine de pays. On retrouve ceux ayant une base de partisans forte (France, Allemagne, Belgique, Pologne) et d’autres… euh… où on n’en est pas sûr (je veux les chiffres pour Haïti!). Vous ne retrouverez pas des marchés comme le Brésil, les Pays-Bas et le Canada (nooooon!!) dans la liste.

Les fans néerlandais de Max Verstappen ne pourront profiter du service. 🙁

Pour plusieurs oubliés, le problème provient des contrats de droits de diffusion. Au Canada, TSN et RDS diffusent exclusivement la F1 jusqu’en 2019. Le renouvellement du deal eut lieu en 2014, soit trois ans avant l’arrivée de Liberty Media. À moins qu’il y ait un changement d’idée, oubliez F1 TV PRO au pays actuellement. De toute manière, les deux chaînes sœurs offrent à leurs abonnés la chance de regarder la course sur leurs sites respectifs. Même chose pour la Grande-Bretagne, actuellement avec Sky Sports. Leur contrat se termine en 2025! Pas de F1 TV pour eux, non plus. Par contre, Sky a récemment remédié à la situation: réduire de moitié l’abonnement à NOW TV, le service de streaming anglais. Oubliez l’usage d’un VPN, car la plateforme sera fermement bloquée dans les régions non couvertes.

Objectifs trop ambitieux?

J’ai des doutes sur l’objectif du nombre d’abonnement. Selon le directeur des nouveaux business et numérique, Frank Arthofer, la F1 espère atteindre le plateau des 5 millions d’abonnés. Au total, le revenu s’élèverait à 500M$ d’ici la fin de l’année (le coût du service étant de 100$/an). 5 millions d’abonnements pour cette saison? Je trouve ça très, très ambitieux.

Le Tyrol du Sud (en bleu aqua foncé), une région italienne, obtiendra les services, mais pas l’Italie. Quelle ironie!

Certes, les États-Unis vont profiter de F1 TV PRO, mais ça n’atteindra pas le million. La popularité du sport est peut-être croissante, mais ce ne sera pas suffisant à mes yeux. En Allemagne, les côtes d’écoute ont baissé au cours des dernières années. En janvier dernier, Liberty Media avait sorti des chiffres sur l’augmentation des audiences télé et digitale de la saison 2017 dans vingt grands marchés. Or, onze de ces vingt pays ne pourront profiter du système, à cause de leurs contrats TV actuels. Petite parenthèse: l’Italie n’est pas inclus, mais le Tyrol du Sud, une province italienne, l’est! C’est l’équivalent de donner ça au Québec, mais pas au Rest of Canada. Bonne chance pour attirer une grosse clientèle.

F1 TV va être un succès garanti et durera plus longtemps que son ancêtre, F1 Digital+. Par contre, beaucoup de pays (comme le mien) vont être déçus de ne pas l’avoir. Est-ce que Liberty Media aura la chance d’obtenir ses cinq millions de clients à la fin de 2018? Je ne pense pas, mais atteindre la barre de deux millions d’abonnés au PRO serait réalisable. Au pire, je me contenterai de l’Access pour me taper les quatre heures du Grand Prix du Canada 2011 (si c’est disponible au pays).

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