Dix (tes) pensées: le grand retour (NASCAR, MotoGP, sandwich, etc.)

Après trois ans d’absence, la chronique personnelle d’Abdou Sall, Dix (tes) pensées revient sur ce site. Pour ce retour, il donne ses états d’âme sur dix sujets ayant lieu récemment dans le monde de la course automobile. Pour ce premier Dix (tes) pensées en 2021, il revient sur l’aventure sur terre battue en NASCAR et de la troisième place de Raphaël Lessard et bien d’autres sujets.

Dix (tes) pensées est une chronique inspirée par le 31 Thoughts d’Elliotte Friedman de Sportsnet et de C’est 20 pensées de Frédéric Lord de TVA Sports (#RéférencesSoccer).

Or, j’ai décidé de faire de même pour le sport auto, en commentant ce qui s’est passé dans le merveilleux monde du vroum-vroum.


1- Raphaël Lessard sur le podium à Bristol

Crédit photo: Facebook de Raphaël Lessard

Pour ce premier segment, je tiens à féliciter le Québécois Raphaël Lessard, qui a terminé troisième lors de l’épreuve sur terre battue à Bristol, ce lundi, dans le cadre de la série NASCAR Camping World (camions).

Le jeune pilote est parti de la 29ème place, au terme d’une course normalement prévue samedi soir (merci, Dame nature, pour la pluie). Lessard avait une stratégie simple: suivre des pilotes expérimentés sur la boue comme Kyle Larson, qui est un régulier de la Cup et un multiple vainqueur avec des voitures sprint. Cela a fonctionné, tout en évitant les accrochages et accidents.

Il a même battu cinq pilotes titulaires de la Cup, mais n’a pu rien faire contre le vainqueur, Martin Truex Jr., qui est devenu le 36ème pilote de l’histoire à remporter au moins une course dans les trois divisions nationales de NASCAR (Cup, Xfinity et Camping World).

C’est un résultat très encourageant pour la suite des choses et on espère qu’il pourra se baser sur cette troisième place pour nous offrir d’autres belles performances.


2- Bristol sur terre battue: un grand succès

Crédit photo: NASCAR

Toujours dans l’univers du stock car, la Cup disputait une première épreuve sur terre battue en 51 ans, à Bristol. La fameuse course devait avoir lieu dimanche après-midi, mais elle fut reportée à lundi 16 heures (merci encore, Dame nature, pour la pluie).

Malheureusement, je n’ai capté que les 30 derniers tours (monsieur était au travail…), mais j’ai adoré ce que j’ai vu. La dextérité, la patience et le courage des pilotes ont été amplement remarqués, au bout des 250 tours (séparés en trois étapes).

Les épreuves sur terre battue ont été une tradition dans la grande division de NASCAR. En effet, les premières courses sur ovale boueux ont débuté à la fin des années 40, jusqu’en 1970, avec Richard Petty qui fut le dernier vainqueur d’une course sur terre de la Coupe NASCAR, au North Carolina State Fairgrounds de Raleigh.

Enfin, devrais-je dire avant-dernier vainqueur, car Joey Logano s’est emparé des grands honneurs, au terme d’un beau duel avec Denny Hamlin, avant que ce dernier ne tape le mur dans les derniers tours.

Avec l’épreuve de lundi, on compte maintenant 490 courses sur terre battue de la Cup. Lors de la saison inaugurale de NASCAR, en 1949, sept des huit circuits du calendrier étaient composés de tracés de terre battue. La seule piste sur tarmac était à Daytona Beach (avant la création du Daytona International Speedway).

J’ai été impressionné par la transformation d’un de mes ovales préférés (même si je regarde peu les stock cars) et un carré de sable (façon de parler). Cela a pris plus de 2000 camions munis de terre battue et beaucoup d’argent (envions deux millions de dollars américains) pour réaliser ce retour aux sources.

Cette course fut un succès et Logano aura la chance de défendre son titre à Bristol, car le NASCAR a annoncé le retour de l’épreuve en 2022!

Joie!


3- Abandon causé par… un emballage de sandwich!

Crédit photo: XPB

Ce n’est pas une blague! Fernando Alonso a été contraint d’abandonner du Grand Prix de Bahreïn, en raison d’un sac de sandwich logé dans ses freins arrières.

Cela a causé une surchauffe critique des freins de l’Espagnol, qui revenait en Formule 1 après deux saisons d’absence. C’est dommage, car il connaissait une course correcte pour Alpine.

Il ne s’agit pas d’un fait inusité. Des emballages de sandwich coincés mettant fin à un Grand Prix pour un pilote, cela s’est produit quelques fois. À sa première épreuve en Formule 1, au Grand Prix d’Australie 2018, le Russe Sergey Sirotkin a été contraint à l’abandon après quatre tours.

L’année suivante, à Singapour (le pire endroit pour jeter ses déchets dans la rue), ce même spécimen a visité la Haas de Kevin Magnussen. Le Danois a perdu beaucoup de rythme, au cours de cette course nocturne.

Prochaine fois que vous assisterez à un Grand Prix, pensez à bien jeter vos déchets, afin que ça ne se retrouve pas dans votre F1 préférée. Vous pourriez ruiner la course de votre favori.


4- Débuts de l’écurie Complexe ICAR en F4 Americas

Du côté de Road Atlanta, maison du Petit Le Mans en endurance, l’écurie québécoise Complexe ICAR effectuait leurs débuts en F4 Americas. Les pilotes Julien Arseneau et Louka St-Jean ont terminé les trois courses de la fin de semaine.

Pour Arseneau, son meilleur résultat du weekend a été une neuvième place, inscrite lors des courses 2 et 3. Du côté de St-Jean, il s’est emparé du vingtième rang (course 1), de la vingt-et-unième position (course 2) et du quinzième rang (course 3).

Le prochain rendez-vous pour Équipe Complexe ICAR sera à Road America, du 14 au 16 mai prochains.


5- Début de la saison en MotoGP

Maverick Vinales, vainqueur du Grand Prix du Qatar 2021

Passons maintenant aux motos. Cette fin de semaine, la saison 2021 de MotoGP débutait à Doha, dans le cadre du Grand Prix du Qatar.

Dans une épreuve majoritairement dominée par les Ducati et leur vitesse de pointe au sommet, Maverick Vinales (Yamaha) a remporté ce Grand Prix. L’Espagnol s’est emparée de la tête dès le 15ème tour, alors qu’il se retrouvait sixième au premier tour.

Le Français Johann Zarco et Francesso « Pecco » Bagnaia, détenteur de la pole position, ont complété le podium. Zarco et Bagnaia ont profité de la puissance du moteur de la Ducati pour dépasser le champion en titre, Joan Mir (Suzuki), qui occupait la deuxième place, dans le dernier tour.

L’Australie Jack Miller, aussi sur une Ducati, était un candidat à la victoire, mais un problème avec son pneu arrière l’a ruiné complètement. Au final, il a fini neuvième.

La prochaine épreuve aura lieu sur le même circuit, mais dans le cadre du Grand Prix de Doha, le deuxième d’un programme double en sol qatari. Marc Marquez sera présent au Qatar, mais pas pour participer. En effet, le sextuple champion du monde de la première classe de moto devra recevoir sa deuxième dose de vaccin contre la COVID-19.

Marquez, qui avait manqué l’entièreté de la saison 2020 en raison d’une fracture à l’humérus droit lors de la première course de cette année-là, devrait revenir dans la compétition pour le Grand Prix du Portugal (16 au 18 avril).

Si vous désirez regarder la saison complète de MotoGP au Canada, la chaîne REV TV diffusera l’entièreté des courses en 2021. Voici la liste des distributeurs ayant ce canal.


6- Sommes-nous trop durs envers Mazepin?

La première fin de semaine de Nikita Mazepin en Formule 1 a été horrible de A à Z. Le membre de la Fédération des athlètes russes (rappel: il ne peut compétitionner sous le drapeau russe) a accidenté sa Haas après seulement trois virages.

La recrue a établi un record peu enviable, dimanche: le début le plus court pour un nouveau pilote, depuis que Felipe Massa (Sauber) et Allan McNish (Toyota) faisaient partis des éliminés de *cet* accident, au départ du Grand Prix d’Australie 2002. Ajoutez à ça ses nombreux tête-à-queue pendant le weekend.

Sur les médias sociaux, le mot « Mazespin » est revenu très souvent dans les conversations. Bref, disons qu’il ne s’est pas fait de nouveaux amis.

Disons qu’il n’a pas amélioré sa réputation, qui était très mauvaise dès le départ. Ses frasques hors-piste et en piste (pilotage trop agressif en Formule 2) font de lui l’ennemi numéro 1 des fans de F1.

Cela étant dit, j’ai trouvé que la réaction des fans concernant son mauvais début est un peu injuste. D’accord, il n’a pas la sympathie des amateurs (et je n’en ai pas pour lui), mais il ne faut pas oublier qu’il est une recrue, au même niveau que Mick Schumacher etque Yuki Tsunoda.

C’est exactement ce que je craignais: le monde s’est moqué de lui. Je comprends que ce n’est pas un enfant de cœur (sa feuille de route n’est pas reluisante), mais ce n’est pas une raison de l’intimider à tous les jours, surtout à son tout premier Grand Prix en carrière.

J’ai l’impression de revivre les débuts de Lance Stroll avec Williams, en 2017. Le Québécois était critiqué de manière virulente dès sa première course, en Australie.


7- Vettel incapable de gérer la pression?

Crédit photo: FIA

S’il y a un pilote qui a connu une rentrée difficile mais moins pire que Nikita Mazepin, c’est Sebastian Vettel. L’Allemand a terminé 15e, lors du Grand Prix de Bahreïn. Son premier weekend avec Aston Martin a été horrible: élimination en Q1, pénalité de grille et accrochage avec Esteban Ocon. Pire pour lui: Lance Stroll a marqué un point pour la marque britannique au vert britannique.

L’ex-pilote autrichien, Gerhard Berger, pense que le problème du quadruple champion du monde est ses performances sous pression. Dans le podcast officiel du Grand Prix d’Australie, In The Fast Lane, Berger dit que Vettel n’a jamais réagi sous la pression, faisant référence à ses rendements contre des coéquipiers comme Daniel Ricciardo (Red Bull, 2014) et Charles Leclerc (Ferrari, 2019-2020).

Je suis d’accord avec le dix fois vainqueur de Grands Prix sur la pression. Même s’il a manqué beaucoup de tours, en raison du manque de fiabilité de la AMR21, on peut voir que Vettel veut prouver qu’il n’est pas un pilote fini. Son arrivée chez Aston Martin a une connotation autant sportive que commerciale. Évidemment, sur le plan sportif, c’est pour permettre à l’écurie de se battre pour la troisième place chez les constructeurs. Au niveau commercial, Lawrence Stroll compte sur la popularité de l’Allemand pour vendre des voitures.

Sur les réseaux sociaux, Vettel est déjà présent dans des vidéos promotionnelles pour la nouvelle Aston Martin DBX, un VUS. Or, Stroll père s’attend à ce que sa nouvelle acquisition livre la marchandise. La balle est dans le camp de Vettel, maintenant.


8- La MotoGP aura son Drive To Survive

Revenons à la moto. Au cours du Grand Prix du Qatar, Dorna (les détenteurs des droits commerciaux de la MotoGP) a annoncé qu’il y aura un documentaire centré sur son championnat, sur Amazon Prime Video.

En effet, Dorna veut profiter de la popularité de Drive to Survive sur Netflix pour attirer plus de nouveaux fans à regarder la MotoGP. Dans un article sur Motorsport.com, on rapporte que la popularité de ce championnat à deux roues est visible en Asie, avec les Grands Prix de Malaisie et de Thaïlande, sans oublier la présence souhaitée d’un circuit dans les rues d’une ville en Indonésie. Cependant, dans certains pays, c’est l’inverse. En Grande-Bretagne, depuis que BT Sport s’est emparée des droits TV en 2014, les côtes d’écoute chutent, parce que les courses étaient diffusées sur la BBC, donc gratuitement.

Actuellement au Canada, la saison 2o21 est disponible sur REV TV (voir point 5), qui est connu par les grands passionnés de sport automobile. Aux États-Unis, NBC détient les droits de diffusion depuis l’année dernière. Cette saison, les 19 épreuves seront présentées en différé sur la chaîne sportive NBC Sports Network (qui cessera leurs activités à la fin de 2021) et 4 d’entre elles seront diffusées sur la chaîne nationale, toujours en différé. Cela étant dit, il y a très peu d’intérêt actuellement en Amérique du Nord, surtout avec peu de visibilité.

Or, si l’équivalent de Drive to Survive en moto parvenait à avoir du succès, on pourrait commencer à traiter la MotoGP avec le plus grand respect que ce championnat mérite.

J’aimerais que ça soit aussi bon que Hitting the Apex, documentaire réalisé et narré par Brad Pitt, se transportant dans les rivalités et tragédies de la MotoGP. C’est tellement intéressant comme docu!


9- Début de l’Extreme E

Ce weekend marquera les débuts de l’Extreme E, un championnat de rally-raid 100% électrique. La première manche aura lieu dans le déser de Wadi Rum, en Arabie Saoudite.

Cette série, créée et dirigée par Alejandro Agag (l’homme derrière la Formule E et « ami » de Denis Coderre), se déroule sur cinq étapes avec des lieux précis. Les participants piloteront dans des VUS électriques, conçus par Spark, compagnie derrière la conception des Formules E.

L’objectif de ce championnat est, aux dires d’Agag, de « donner aux sports mécaniques une plateforme pour l’action climatique. » En effet, l’Espagnol veut sensibiliser les gens aux problèmes reliés au changement climatique (pollution, changements de température, etc.). D’ailleurs, les véhicules et toute la logistique du championnat seront transportés par bateau: le St.Helena, qui devrait réduite de deux-tiers les émissions de gaz à effet de serre produites lors du transport de matériel par avion.

De plus, l’Extreme E offrira du soutien pour, par exemple, la plantation de plantes et de fruits au Sénégal ou d’arbres en Amazonie et ainsi de suite dans les pays accueillant le championnat.

Dans l’aspect compétitif, l’Extreme E aura un format de course presque similaire aux épreuves de rallycross. Un X Prix (le nom officiel pour une épreuve) se tient en deux jours. Le samedi, il y a deux séances de qualifications, avec chaque séance comportant une ronde de tour lancé (time trial). Le dimanche, ce sera une série de confrontations jusqu’à la grande finale.

 

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Lors du jour 2, ce sont des duels de deux tours, avec un changement de pilote après la première boucle complétée (un tour équivaut à huit kilomètres, environ). Les pilotes doivent utiliser le Hyperdrive, un bouton qui donne un surplus de vitesse, à deux reprises. Il y a les demi-finales (entre les trois premières positions), la Crazy Race (positions 4 à 6) et le Shootout (positions 7 à 9).

Il y a du lourd, chez les pilotes. D’abord, il faut préciser que les écuries sont dotés d’un pilote masculin et d’une pilote féminine, dans le but d’offrir de l’équité. Chez les hommes, on retrouve des gros noms comme Jenson Button, Sébastien Loeb, Carlos Sainz père et Johan Kristoffersson (triple champion du monde de rallycross). Chez les femmes, la championne de la W Series en 2019, Jamie Chadwick, sera de la partie, tout comme Laia Sanz (championne de trial en moto), Sara Price (ex-pilote de la Stadium Super Trucks) et Molly Taylor (pilote de rallye en Australie et en Grande-Bretagne).

Nous avons aussi droit à des équipes de renom, comme Andretti Autosport et Chip Ganassi qui se joignent à l’aventure. Aussi, trois champions du monde de Formule 1 sont propriétaires de leur propre équipe. En premier lieu, Nico Rosberg dirige Rosberg X Racing, où on retrouve Taylor et Kristoffersson (un duo de feu). Ensuite, Jenson Button pilotera et dirigera JBXE, avec l’aide de Lotus. Finalement, Lewis Hamilton est propriétaire de X44 et a réussi à obtenir Loeb comme pilote masculin. Hamilton est une personne préoccupée par les changements climatiques, or l’Extreme E est une opportunité de montrer son sérieux face à ce fléau.

Finalement, le calendrier 2021 se déroulera dans cinq locations où les changements climatiques ont un impact immédiat. La première course aura lieu en Arabie Saoudite, cette fin de semaine.

  • Ronde 1 : Desert X Prix Alula (Arabie Saoudite) : 3 et 4 avril 2021
  • Ronde 2 : Ocean X Prix Lac Rose (Sénégal) : 29 et 30 mai 2021
  • Ronde 3 : Arcitic X Prix Kangerlussuaq (Groenland, Danemark) : 28 et 29 août 2021
  • Ronde 4 : Amazon X Prix Santarem, Para (Brésil) : 23 et 24 octobre 2021
  • Ronde 5 : Glacier X Prix Terre de Feu, Ushuaia (Argentine) : 11 et 12 décembre 2021

Les épreuves sont disponibles sur la chaîne YouTube de l’Extreme E. Je vais regarder ça avec attention et j’ai surtout hâte aux 29 et 30 mai, car ce sera une ronde au pays de mes origines!!!


10- Modifications de l’Albert Park

Jeudi dernier, nous avons pu voir, sur les réseaux sociaux, les travaux de rénovation effectués à l’Albert Park de Melbourne. Avec le report du Grand Prix d’Australie en novembre, l’organisation du rendez-vous down under a profité de l’occasion pour refaire une beauté au circuit australien.

Plus de sept virages ont été refaçonnés et la chicane des virages 9 et 10 a été supprimée. En effet, cette chicane deviendra une paire de tournants rapides. Afin d’améliorer le spectacle en piste, les virages 1, 2, 3, 6, 13 et 15 ont été élargies de quelques mètres. L’agrandissement du 6 permettra aux voitures d’entamer ce virage plus rapidement qu’auparavant.

Avec toutes ces modifications, on pourrait obtenir des chronos qui seraient cinq secondes plus rapides que la version précédente du circuit semi-permanent. On espère surtout que le spectacle sera meilleur sur l’Albert Park, car, au cours des dernières années, les Grands Prix australiens nous a laissés sur notre appétit. Il faut garder l’Albert Park à tout prix, parce que c’est une belle place pour la Formule 1.

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